LE PROBLEME DE LA DEFORESTATION
LIE A LA PRODUCTION ARTISANALE
Il est vrai que le Djembé, comme beaucoup d’autres
produits artisanaux, est fabriqué avec du bois. Pour que votre
instrument soit de bonne qualité, il faut que le bois soit «
bien formé », ce qui veut dire que l’arbre utilisé
soit arrivé à maturité. C’est la raison pour
laquelle les plus beaux arbres seront sélectionnés par
les forgerons qui voudront faire des instruments de qualité.
Beaucoup d’exportateurs européens se sont penchés
sur ce problème et mettant en avant un soit-disant travail de
reboisement.
Mon avis sur ce sujet, c’est que ces actions sont destinées
à se donner bonne conscience, mais n’ont aucunes répercutions
sur le problème de déforestation. Je me suis moi-même
retrouvé en pleine brousse, avec un exploitant forestier, pour
trouver, acheter, et débiter des billes de bois destinées
à la fabrication de Djembés. Cela fait mal au cœur
de voir un arbre tomber. Malheureusement, la question ne se pose pas
dans les mêmes termes lorsqu’on partage le quotidien des
gens qui vivent de ce travail.
En effet, que pourrait-on proposer, aux sculpteurs, ébénistes,
menuisiers, charbonniers, agriculteurs, ouvriers….etc., tous ces
corps de métier qui vivent de l'exploitation forestière,
si nous arrêtions d’acheter ces produits pour préserver
leurs forêts.
L’agriculture est principalement responsable
de la déforestation. Un propriétaire vendra un arbre que
lorsqu’ il a de toutes façons l’intention de cultiver
les terres sur lesquelles cet arbre se trouve. Le café, le sucre,
le coton, le cacao, les fruits exotiques et tout ces produits, que nous
consommons tous les jours sans se poser de questions contribuent bien
plus à la déforestation que le travail du bois.
Il y a aussi dans ces pays une crise énergétique.
La population utilise du charbon de bois pour faire la cuisine. Il n’est
pas rare de croiser en forêts des essences de bois pourtant protégées,
débitées pour être transformées en charbon.
Pour que cette déforestation massive s’arrête,
ne serait-il pas envisageable que les pays riches consommateurs (environ
20 % de la population mondiale) rémunèrent les pays pauvres
producteurs (environ 80 % de la population mondiale) afin qu’ils
préservent leurs forêts. Par exemple, si un propriétaire
terrien recevait une subvention pour sauvegarder certaines essences
de bois sur son terrain, le calcul pour lui serait simple. Un hectare
cultivé en Afrique rapporte à son propriétaire
environ 10 à 15 € par mois. Avec cette somme, il doit rémunérer
ses ouvriers, le bénéfice qu’il en tire est minime.