Tissus du Zaïre
TECHNIQUE DE FABRICATION

Afin d’obtenir une fibre très fine, seul l’épiderme du lobe des jeunes feuilles de palmiers est prélevé ; puis il est mis à sécher au soleil et est ensuite fendu sur toute sa longueur de manière à obtenir les fibres elles-mêmes : celle-ci ont alors la longueur de la feuille du palmier, mais une fois nouées les unes aux autres elles permettent de tisser des étoffes de taille importante. En fait, les fibres de raphia ne peuvent pas être filées.

Les fibres de raphia demeurant rêches et raides, on recourt à différentes méthodes pour les assouplir : elles sont peignées et raclées avec le bord tranchant d’une coquille d’escargot jusqu’à devenir fines comme un fil de soie. Les tisserands, une fois la pièce tissée, la mettent à tremper dans l’eau puis, après l’avoir enveloppée de vieux chiffons pour la protéger, la placent au fond d’un mortier de bois pour la piler ; le foulage permet de transformer une pièce de raphia rugueuse en une étoffe délicate et souple.

les pagnes
TISSAGE EN RAPHIA
Ethnie Kuba, Bushoong
Bushoong : jeteurs de couteaux
Kuba : peuple de l’éclair

Les secrets du tissage et de la broderie ont été révélés aux Kuba par le roi Shamba Bolongogo (1600-1620) qui était fils d’esclave et avait acquis ce savoir au cours de multiples voyages. Les Bapendé lui apprirent le tissage de raphia. Chez les Bateke ce sont les broderies qui l’impressionnèrent.
Les habitants se mirent à tisser des pagnes royaux et excellèrent dans ce domaine si bien qu’on les nomma bambala «peuple du drap».
Mais cela remonte à très longtemps puisque ce type d’étoffe existe depuis au moins le XIIème siècle. Elles ne sont apparues en Europe qu’au XVIIème.

     

Les tissus peuvent être offerts par la collectivité au mort. Ils recomposent dans l’enveloppement du corps du défunt le réseau de ses alliances sociales (parentales et ethniques) lui permettant d’être reconnu et dignement par ses ancêtres.
Les tissus véhiculent des messages destinés non pas aux hommes mais aux dieux et aux ancêtres morts lorsqu’ils sont tissus de danse.
Ils sont considérés comme une richesse avant tout par les Kuba et ne sont pas forcement utilisés à des fins pratiques. Ils représentent un placement, un investissement pour la descendance. Ils font partie du trésor du royaume. Ces appliqués se nomment Ntshak (pagne de femme) et sont décorés par les femmes nobles faisant partie du harem Royal.

La réalisation de ces tissus demande des heures et parfois des années et est très coûteuse.

 

 

référence : tissu du zaïre 1 dimensions 53 cm x 217 cm prix ttc transport compris 95 €
les velours du Kasaï
Les broderies les plus remarquables sont les velours du Kasai : ils sont fabriqués au Zaïre par une ethnie Kuba, les Shoowa. Selon la tradition, c’est un roi civilisateur qui aurait appris à l’étranger la technique des velours et l’aurait introduite dans son pays au XVII ième siècle.

Ces velours sont toujours fabriqués à partir d’un simple tissu de raphia servant de fond. L’effet de velours est obtenu par un fil de raphia très fin qui passe sous le tissu et ressort par-dessus, où il est coupé avec un petit couteau. Les motifs en velours sont généralement entourés de broderies faites à l’aiguille dans un ton plus clair ou plus foncé pour souligner les formes.

Ce travail était toujours accompli par des femmes , brodeuses émérites et jadis la tradition voulait que ce soient des femmes enceintes. Elles créaient lentement ces effets veloutés, sans dessins préalables, en partant d’un angle pour suivre le développement géométrique des lignes.

Les dessins tracés reproduisent généralement les scarifications corporelles des KUBA.

tissu africain : agrandir l'image

référence : tissu Zaïre 3

dimensions : 55 cm X 55 cm prix TTC transport compris : 58 € soldé 40 €

Ces merveilles n’étaient pourtant pas destinées à être portées comme vêtement. Etant donné leur valeur considérable, on les trouvait dans les cours royales, ou les velours étaient utilisés pour orner le siège du souverain ou servir de couverture. Ils pouvaient aussi avoir valeur de monnaie, intervenir dans le paiement des dots ou même être enterrés en hommage à un mort lors des funérailles de hauts dignitaires. Le mari pouvait en offrir à sa femme, le fils à la mère ou au père. Donner des tissus permettaient de résoudre des conflits et d’évacuer des tensions. On offrait un velours du Kasaï à la naissance d’un enfant.

 
 
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